«

»

Mai 16 2018

Des Chiffons de Javel… aux ardents poétiques, tome 1

Voici Des Chiffons de Javel… aux ardents poétiques, tome 1, l’ouvrage 2018 proposé par Le Verbe Poaimer, édité par Unicité, comportant des poèmes de collégiens depuis l’an 2000 et des poèmes de poètes sur le thème de « l’ardeur poétique », avec notamment des poètes de L’Haÿ-les-Roses.
Ouvrage à offrir ou à s’offrir, pour la fête des mères, la fête des pères ou chaque journée en fête de la lecture ! A signaler que le livre comprend aussi beaucoup d’invitations à l’écriture ! On peut se le procurer à « Studio Presse » 17 rue Jean Jaurès centre ville L’Haÿ-les-Roses ou à la librairie « L’Instant » 118 rue de Lourmel Paris 15e.

« Le Printemps des poètes est un échec désolant et grandiose. […] mais certes il se propage avec une ardente patience grâce à quelques fantassins de l’Utopie, qui font découvrir aux écoliers comme à leurs lecteurs ces aspirations qui les dépassent… »
Extrait de la Préface d’Alain Borer, Président du Printemps des Poètes.

**

Comment pourra-t-on lire ce tome des Années paires – 2000 / 2018 – par moult « Printemps des Poètes » dans un collège près de Javel et du pont Mirabeau, cher à l’Apollinaire, poète qui passe et demeure après un siècle ?

On pourra s’intéresser à la démarche, inscrire un rendez-vous poétique dans un cadre scolaire, en installant d’autres mises en situation de la poésie, de la lecture à sa création, de la venue de poètes aux animations des rythmes.

On pourra apprécier les poèmes de nos jeunes pousses littéraires, consulter les palmarès, approfondir les enjeux des compétitions et des coopérations.

On pourra s’intéresser aux poètes référents, d’Andrée Chedid aux poètes des Ricochets, en passant par Marc Alyn, Philippe Delaveau, Bernard Chasse, Vénus Khoury-Ghata et… Victor Hugo ? !, aller plus avant dans leur oeuvre – comme lire, en fin d’ouvrage, les « ardents dits » de poètes contemporains.

On pourra se forger son atelier d’écrire – réservoirs de mots des poètes, amorces de vers, jeu verbal, pontons prolongés, marche sur l’eau du poème, prise d’appui sur des termes assemblés, un envol et d’abord de ses propres routines…  Goût des mots – à tous sens et en toutes saisons – à recevoir, à partager, à prolonger, à se rebeller et à s’émerveiller, à chercher des vers pairs jusque dans toute prose…

**

Laurent Desvoux-D’Yrek est professeur de français dans le XVe à Paris… depuis la fin du XXe siècle. Il est poète ; avec sa femme, Brigitte Moyon-Dyrek, ils auront fondé, lors d’une année palindrome, Le Verbe Poaimer, association de création poétique, ils publient la revue « Jeux d’Épreuves » et des anthologies mettant en valeur des formes « poétrimoniales » revivifiées, du rondeau à l’estrambot, du sonnet à la ballade. Prosateur, il compose une somme narrative en 7 tomes : Les Ailes des Châteaux.

**

Tome 1, les années paires, poèmes de collégiens depuis l’an 2000 et poèmes d’adultes sur le thème de l’ardeur poétique et de la transmission

PRÉSENTATION – DE LA DÉMARCHE – AU FIL DU TEMPS

Extrait de cette présentation par Laurent Desvoux-D’Yrek, Professeur et poète

« héritiers lointains de Joachim du Bellay… »

Une ardeur poétique en regret ou débord

Les petits et les grands, ceux qui sont les militants éperdus de la poésie et en sont bateleurs dans les revues, les maisons d’édition, les scènes théâtrales, les écoles, les réseaux sociaux, les murs, les lieux inédits, ceux qui s’émerveillent d’un vers ou d’une envolée lyrique, ceux qui se reconnaissent dans une fantaisie, dans une révolte, dans un questionnement, dans un contraste d’ombres et de lumières, dans un jeu des formes du langage, à vouloir tout faire jouer des sons, des sens, des réalités présentes ou absentes, en héritiers lointains de Joachim du Bellay.

L’ardeur poétique peut être autant critiquée ou condamnée au profit d’une expression naturelle, comme le sonnettiste s’escrime à nous le dire dans un quatrain en quasi « art poétique » dans le Regret XXI « Si j’escry quelquefois, je n’escry point d’ardeur, / J’escry naïvement tout ce qu’au coeur me touche, / Soit de bien, sit de mal, comme il vient à la bouche, / En un stile aussi lent, que lente est ma froideur. »

Cependant l’ardeur poétique en son aspect divin devient aussi l’expression du regret lui-même, de la perte, de l’abandon d’une jeunesse, d’une fuite du temps, d’un impossible feu à rallumer ainsi dans ces deux sonnets, le Regret VI « De la posterité je n’ay plus de souci, / Ceste divine ardeur, je ne l’ay plus aussi, / Et les Muses de moy, comme estranges, s’enfuyent. », et le Regret CLXXX « De quelque autre subject, que j’escrive, Jodelle, / Je sens mon coeur transi d’une morne froideur, / Et ne sens plus en moy ceste divine ardeur, / Qui t’enflamme l’esprit de sa vive estincelle. »

Ces deux façons de dire l’absente ardeur, son refus ou sa fuite, nous émeuvent toutes deux et font de Du Bellay notre contemporain, au moment même où « l’ardeur poétique » est en défaut, le poème touche notre coeur et se révèle pure poésie, même si ou parce que le divin a laissé place à l’humain.

L’ami par Brigade ou Pléiade de Jodelle et Ronsard savait voir danser les Muses et faire danser les mots, les vers et les images – dans une tension entre l’éloge de la flamme poétique, le regret de son absence ou de sa perte et le désir de tâches plus humbles pour le poète comme de constituer des journaux, de décrire le fil des journées, de décrire ceux qui font autour de soi le monde social avec un miroir de satire ou d’éloge.

Peut-être alors que d’une solitude enchantée et habitée, le moment face à la page en accueil, avec une flamme de poésie et de vie, serait-ce aussi ce feu qu’il y a dans le coeur de notre planète ? naîtront un partage, un chant repris, une ronde aux chemins ouverts, un dialogue de la beauté avec le verbe, un ajustement des mots à l’entour du monde, une lecture des poèmes qui depuis des temps immémoriaux, les années dont on ne sait plus si elles furent paires ou impaires, en épopées ou en sonnets, en ballades ou en vers libres, en haïkus ou pantoums, odes ou acrostiches, en monostiches ou en estrambots, en vers impairs des tankas ou en vers pairs octosyllabiques, décasyllabiques ou alexandrins, disent l’immensité des possibles humains et l’ajout de nouveaux poèmes comme de petits cailloux, des frissons de sens, de signes et sons, des lumières sur le chemin, des expressions en impressions, bougies, lampes, torches, soleils, étoiles, lumières qui tremblent, papillons d’avant mai, des impressions en expressions, éclairent, réchauffent sans brûler, voyagent, bateaux-villes, poèmescomètes…

Texte v921 écrit par Laurent Dyrek, dit Laurent Desvoux-D’Yrek,
Composé à Paris et à L’Haÿ-les-Roses pendant l’été et l’automne 2014. Repris en Île-de-France au 2e semestre 2017 et en janvier 2018 dans le Grand Paris naissant.